L'esprit produit l'illusion dominante qui est celle d'exister par ce corps que nous considérons comme notre.

 Kalou Rinpoche

 

Ne vous encombrez pas de pensées inutiles. À quoi bon ruminer le passé, anticiper l'avenir? Restez dans la simplicité de l'instant présent.

 Dilgo Khyentse Rinpoche 

 

Les Quatre Sceaux Primordialement Purs

  • Tout ce qui est composé est impermanent.
  • Toute emotion est douleur.
  • Toutes choses sont vides et dépourvues de soi.
  • L'au-delà de la souffrance est la paix. (variante: Le Nirvana est au delà des concepts)

Vœu du Bodhisattva 

Que la précieuse Pensée de l'Éveil

Naisse en moi, si je ne l'ai pas conçue.

Quand elle a pris naissance, que jamais elle ne décline mais toujours se développe .

 

Mantra d'Amithaba: OM AMI DEWA HRIH

 

Pratique la plus simple du Dzogchen selon Guru Rinpoche:

Laisser le corps immobile comme un cadavre; rester silencieux comme un muet; laisser l'esprit seul sans rien changer. Rester dans la seule présence pure, non modifiée, tel quel. Relaxe toi, à l'aise et détends toi dans l'état naturel de l'esprit.

 

Les quatre pensées incommensurables

  •  Puissent tous les êtres connaître le bonheur et ses causes. 
  • Puissent tous les êtres être séparés de la souffrance et ses causes. 
  • Puissent tous les êtres ne jamais être séparée de la félicité au-delà de la souffrance. 
  • Puissent tous les êtres demeurer dans cette équanimité qui est libre de l'attachement pour les proches et de l'aversion pour les autres.

Aticha.

 

Le "moi"

  •  Le moi est l'agencement de différents facteurs interdépendants qui, dans leur opérativité, s'appréhendent comme un individu avec une identité.

  (L'entraînement de l'esprit p71)

 

  • Comment le"je" existe-t-il?

Premièrement le"je" n'existe pas sauf en tant que désignation conceptuelle ou verbale. À part cela le "je" n'a pas d'autre mode d'existence. Cependant en s'attachant à tors au "je" comme existant réellement, alors d'autres afflictions mentales surgissent telles que l'attachement et la haine. 

Des actions verbales et physiques émergent à cause de ces états d'esprit afflictifs. Celles-ci à leur tour impriment des propensions habituelles dans l'esprit et ces propensions habituelles sont catalysées par des conditions, ce qui entraîne une nouvelle renaissance. C'est ainsi que le Samsara se perpétue.

 

  • Si la nature de l'esprit est la parfaite bouddheité, comment les vues fausses arrivent-elles?

La pensée discursive chez un être individuel surgit spontanément et exacerbée par l'attachement à l'égo, projette l'univers du Samsara. Ainsi le Samsara est il une auto-projection semblable au rêve. (The Great Secret of Mind).

 

Vacuité

Pour faire un dernier commentaire, lorsque je dis à propos des objets physiques du fait qu'ils dépendent de la conscience sensorielle, je ne suggère pas qu'une fleur est dépendante de la conscience d'un individu en particulier. Elle est dépendante de la conscience sensorielle en général. Mais malgré tout on peut dire que la fleur qui apparaît à votre conscience est dépendant de votre conscience.

 

Si on examine le problème très attentivement, on est amené à la conclusion que le monde qui nous apparaît actuellement, n'apparaît à personne d'autre. Cela implique que le monde que chacun de nous expérimente est en fait produit par notre propre conscience sensorielle. Ceci a une implication directe sur le phénomène de la vision pure (Tib. dag snang) dans le Bouddhisme. Au travers du processus même consistant à purifier son esprit, l'apparence du monde est également purifiée. Et comme on expérimente une vision pure du monde, le monde entier dans lequel nous résidons est transformé. A cet égard, nous disons que le monde phénoménal dans son entièreté émerge en tant que résultat de la maturation  des penchants habituels. Sous cet aspect le monde est pareil à un rêve.

 Extrait traduit de  "How to realize Emptiness p.104 de Gen Lamrimpa

 

Les Cinq Agrégats sont :

  Les formes

  Les sensations

  Les évaluations mentales

  Les impulsions

  La conscience

 

Il existe quatre instruction spécifiques pour le quatre moments de la journée:

- aux aurores, rafraîchir la transparence de la lucidité

- à midi, laisser les apparences se déployer

- le soir, ramener les sens à l'essentiel

- à minuit, résorber toutes chose en le vase de la conscience

 

Résorber toutes chose en le vase de la conscience.

  • Lors de la méditation de la Claire Lumière, visualiser le canal central sous l'aspect d'un tuyau de cristal. Dans celui-ci, au niveau du cœur, sur un lotus à huit pétales, se trouve la lettre de base un ཨ་ blanc. De celui-ci se détachent vingt et une  lettres  ཨ་ en même temps que nous prononçons 21 lettres ཨ་. Elles montent jusqu'entre les sourcils, la Claire Lumière remplit le canal central, rayonne vers l'extérieur; l'extérieur et l'intérieur du corps sont rayonnants de lumière. Puis la Claire Lumière s'étend, elle remplit la pièce, la maison, les environs et progressivement le monde entier, puis l'univers. La clarté est extrême, l'univers tout entier est complètement éclairé, accessible comme s'il était au creux de la main, plus rien n'est caché.
  • Puis au fur et à mesure que nous nous endormons, la Claire Lumière vient progressivement se fondre en nous. Au bord du sommeil, les lettres  ཨ་ se résorbent dans le ཨ་ de base qui symbolise la lucidité. Nous le gardons présent en nous, il focalise notre attention. C'est ce qu'on appelle résorber toutes chose en le vase (de la conscience).

 

Ramener les sens à l'essentiel.

  • En fait c'est la pratique de toumo. Elle est utilisée comme base, pour développer la pratique du Dzogtchen. Voici, très brièvement ce que l'on fait: à quatre travers de doigts en dessous du nombril, se trouve un triangle très effilé, rouge, de la nature du feu: le "achè". Par la pratique de la respiration, les souffles viennent attiser ce feu. Il flamboie, monte dans le canal central, sa chaleur monte jusqu'au sommet de la têteau il fait fondre le tigré blanc. Il s'en écoule un nectar. L'expérience de félicité se développe dans les quatre chakras et l'on médite à partir de cette expérience.

 

Pratique des Six Paramitas. 

« You must engage, right now, in lengthy contemplation. Think ! This life is impermanent. Consider how it is fleeting, like lightning in the sky, bubbles in water, or dewdrops on the grass, so that whatever you gain in it will be of no benefit. Keep this thought in the very center of your heart. With this thought in the center of your heart, practice. You must follow the perfect, unmistaken path until you reach buddhahood. What is this perfect, unmistaken path ? It is taught to have three parts: the preliminaries, the main part, and the conclusion. Begin with the preliminaries. First think, "May all beings have happiness and freedom from suffering, and may they attain complete buddhahood." Whatever main practice you then do, make that part of  the path through the six perfections. For example, if you give just one thing to a beggar, that itself is generosity. Giving it in a gentle manner is correct conduct. Not generating an affliction, even if the beggar is ungrateful, is patience. Giving it quickly is diligence. Offering the gift without being distracted from love, compassion, and bodhicitta is meditation. Knowing that the recipient, the giver, the gift, and the result are all just a dream or an illusion is wisdom. Be certain that your main practice has the six perfections. In the conclusion, you seal [your practice] with complete objectlessness. In that way everything is taken onto the path, because everything has the same nature, which is clarity and the lack of real existence »

 

La Bodhichitta repose sur les "4 pensées infinies" Amour infini, compassion infinie, joie infinie, équanimité infinie.

 

 

 

Prière des souhaits de Kuntouzangpo

(in L’escalier de Cristal III de Kunzang Pema Namgyèl traduction de Patrick Momal d’un enseignement de Gangteng Rinpoché 

 

Ho ! Le Monde tout entier,

Une base, deux voies, deux destinées,

Magie de lucidité et d’ignorance !

Par les souhaits de Kuntouzangpo,

Qu’advienne l’éveil Universel

Dans le Palais de l’Espace Absolu !

 

La base universelle est un espace un,

Immense, Incréé, inexprimable,

Antérieur à « samsara » et « nirvana »,

La connaître est éveil, c’est le fait d’un bouddha,

L’ignorer est errer comme un être ordinaire.

Que tous les êtres des trois mondes [1]

Connaissent l’inexprimable réalité de la base !

 

Or moi, Kuntouzangpo (Samanthabadra [2]), je suis lucidité,

Spontanément, je la connais, cette réalité,

Etrangère à la cause et la contingence.

Je n’embellis ni ne dénigre, ni l’extérieur, ni l’intérieur

Aucune inconscience jamais ne m’obscurcit,

Mes pures perceptions sont donc immaculées.

En la lucidité originelle, spontanée,

La fin du monde point ne me ferait peur.

Aux plaisirs des cinq sens point ne suis attaché.

Dans la spontanée conscience sans pensées,

Point de relief des formes, point de cinq poisons...

Sa part Lumineuse est sans bornes :

L’essence une comporte cinq sagesses ;

Celles-ci mûrissant,

Voici les cinq premiers Bouddhas ;

Leur sagesse s’épanouit

En quarante-deux Bouddhas ;

Puis l’énergie des cinq sagesses

Produit les soixante buveurs de sang.

Ainsi, lucidité de la base, jamais je ne fus égaré.

Le Bouddha primordial c’est moi.

 

Je formule donc ce souhait :

Puissent les êtres du samsara tout entier

Reconnaître la lucidité spontanée

Et pleinement développer la grande sagesse.

 

Le flux continu de mes émanations

Par inconcevables myriades

Montre à chacun un visage approprié.

Par mes souhaits de Compassion

Puissent les êtres du samsara tout entier

Sortir des six mondes qui le composent.

 

L’être ordinaire soumis à l’illusion

Commence dépourvu de la lucidité de base :

Une nuit noire où rien n’est perçu

Est donc à l’origine de l’égarement ignorant.

Puis dans cette hébétude,

Confuse, anxieuse et craintive, une conscience bouge

d’où naissent le moi et les autres saisis comme ennemis.

La saisie grandit progressivement,

pour devenir une habitude,

Le samsara s’établit en système

Où prolifèrent les cinq poisons

Et sans arrêt se succèdent les actes qu’ils empoisonnent.

Puisque la base de l’égarement des êtres ordinaires

Est une ignorance inconsciente,

Moi, le Bouddha, je formule ce souhait :

Puisse la lucidité de tous les êtres se connaître elle-même !

 

L’ignorance innée

Est une absence, une perte de conscience.

L’ignorance conceptuelle

Est la saisie dualiste - le moi et l’autre.

Ces deux ignorances, innée et conceptuelle,

Sont la base de l’égarement de tous les êtres ordinaires.

Par mes souhaits de Bouddha

Que tous les êtres du samsara

Soient purifiés de leur sombre inconscience !

Et débarrassés de leur saisie dualiste !

Puissent-ils reconnaître le vrai visage de la lucidité !

 

L’esprit dualiste est d’abord un doute,

Puis un appétit subtil naît.

Puis une habitude ancrée s’établit peu à peu

Consumant du désir

qui attache à ce qui plait :

Les mets, richesses, habits,

les lieux et les amis,

Les cinq plaisirs des sens et les êtres aimés.

Tout cela n’est qu’illusion mondaine :

L’univers de la saisie n’a pas de fin.

Le fruit de la possessivité est de subir

Le destin d’esprit avide,

rongé de désir et d’avarice,

Hanté par l’angoisse de la faim et de la soif.

Moi, Bouddha, je formule ce souhait :

Puissent les êtres hantés de désir

Ne pas se refuser à sa brûlure,

Ne pas s’adonner à sa passion

Mais laisser la conscience

se détendre en elle-même.

La lucidité revenant alors

à sa vérité originelle,

Puissent-ils obtenir

La sagesse qui tout distingue !

 

La perception des objets extérieurs

Suscite d’abord un mouvement de crainte,

Puis une tendance hostile se développe

Et se concrétise

en agressivité, violence et meurtre.

Le fruit de la colère-aversion

Est de connaître la souffrance

de rôtir et bouillir en enfer.

Moi, Bouddha, je formule ce souhait :

Puissent tous les êtres des six classes,

Lorsqu’ils donnent naissance

à une violente colère,

Ne pas la réprimer ni s’y adonner,

mais se détendre en leur état originel.

La lucidité revenant alors

à sa vérité originelle,

Puissent-ils obtenir la claire sagesse !

 

Dans l’esprit gonflé d’autosatisfaction,

Habitent la rivalité et le mépris d’autrui,

l’orgueil démesuré s’installe,

Il faut souffrir querelles et conflits.

Le fruit de tout cela

Est renaître comme dieu

pour connaître la chute.

Moi, Bouddha, je formule ce souhait :

Puissent les êtres

qui engendrent la suffisance

Détendre, à ce moment,

la conscience en sa vérité originelle.

La lucidité revenant alors

à sa vérité originelle,

Puissent-ils réaliser le sens de l’Egalité !

 

L’habitude ancrée de la dualité

Fait se louer soi-même et blâmer l’autre,

Ce qui mène aux conflits et aux rivalités.

On renaît comme dieu jaloux meurtrier

Dont le lot est de chuter en enfer.

Moi, Bouddha, je formule ce souhait :

Puissent ceux qui engendrent

l’esprit de compétition et de lutte

Ne pas se créer d’ennemis,

mais se détendre en leur vérité originelle.

La conscience retrouvant sa vérité originelle

Puisse-t-elle devenir

sagesse de l’activité sans obstacle !

 

En sombrant dans l’inconscience ou l’indifférence,

L’esprit devient opaque

d’ombre, de nuit, d’oubli,

d’évanouissement et de paresse,

Avec pour conséquence

l’errance de l’animal sans refuge.

Moi, Bouddha, je formule ce souhait :

Dans les ténèbres

de la stupidité et de la torpeur,

Puisse briller

la lumineuse clarté de l’attention,

Puisse être obtenue la sagesse sans pensées !

 

Tous les êtres des trois mondes

Procédant de la base universelle,

sont mes égaux, moi, le Bouddha.

Inconscients,

ils ont emprunté la voie d’égarement.

Maintenant, ils accomplissent

des actes dépourvus de sens.

Les six destinées

sont semblables aux illusions du rêve.

Quant à moi, je suis le Bouddha primordial.

Pour remettre ces êtres dans le juste chemin

par des émanations,

Je formule ce souhaits de Kuntouzangpo :

Puissent tous les êtres

sans exception,

Obtenir l’éveil en l’espace absolu !

 

E ho !

Désormais, quand un puissant yogi,

Dans la propre clarté

de la lucidité sans erreur,

Récitera cette puissante prière de souhaits,

Tous les êtres qui l’entendront

Deviendront réellement

Bouddha en trois vies.

Lors d’une éclipse de soleil ou de lune,

Quand adviennent des sons

et quand tremble la terre,

Aux solstices, aux changements d’année,

Il se génère en Kuntouzangpo.

S’il la prononce telle que tous l’entendent,

Tous les êtres des trois mondes,

Par la force des souhaits de ce yogi,

Se libèreront

progressivement de la souffrance

et, en outre, obtiendront ultimement l’éveil.

 

Note : Ces puissants souhaits sont inspirés du Tantra du Dzogchen « La Pensée omnipénétrante de Kuntouzangpo ». Leur matière en forme de chapitre neuvième. Il est enseigné que, quand ils sont récités, aucun être n’a le pouvoir de ne pas s’éveiller !

[1] trois mondes : les trois temps des six classes d’êtres.

[2] Bouddha primordial, Bouddha au niveau du corps absolu